VEIL (S.)


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VEIL SIMONE (1927- )

Fille d’un architecte, Simone Jacob est née à Nice. Sa vie va être complètement bouleversée par la guerre. En mars 1944 alors qu’elle est en train de passer son baccalauréat, la jeune fille qui n’a que dix-sept ans est arrêtée dans une rafle. Juive, elle se retrouve à Auschwitz en compagnie de sa mère et d’une de ses sœurs. Sa mère y mourra mais Simone Jacob survivra.

Quand elle rentre à Paris c’est pour apprendre qu’elle a été reçue à son bac. Elle s’inscrit alors à la faculté de droit et à Sciences-po. Elle y rencontre Antoine Veil — un futur inspecteur des finances — qu’elle épouse le 26 octobre 1946. Munie de sa licence et de son diplôme de l’I.E.P., Simone Veil renonce à la carrière d’avocat qu’elle avait envisagée pour entrer dans la magistrature.

Attachée titulaire au ministère de la Justice de 1957 à 1959, puis substitut détaché au ministère, Simone Veil s’intéresse aux problèmes de la condition pénitentiaire, principalement aux femmes en prison. Elle se passionne aussi pour les problèmes de l’adoption. Elle publiera en 1969 un ouvrage intitulé: L’Adoption, données médicales, psychologiques et sociales , en collaboration avec le professeur Launay et le docteur Soulé.

Simone Veil n’est pas indifférente à la vie politique: la table des Veil est ouverte aux responsables centristes. Antoine Veil sera membre du cabinet de Joseph Fontanet de 1959 à 1962 puis, après la victoire de Georges Pompidou, il devient un des responsables du C.D.P. où se retrouvent les centristes qui, autour de Jacques Duhamel et de Joseph Fontanet, ont rallié la majorité présidentielle. En 1969, Simone Veil a été membre du cabinet d’un autre centriste, René Pleven, alors garde des Sceaux. Mais elle paraît beaucoup moins engagée que son mari. En 1970 elle est nommée secrétaire général du Conseil supérieur de la magistrature. C’est la première femme nommée à ce poste. En 1972, elle siège au conseil d’administration de l’O.R.T.F.

Sa vraie carrière politique démarre dès le début du septennat suivant. Valéry Giscard d’Estaing, qui veut féminiser son gouvernement, l’appelle non au ministère de la Justice mais à celui de la Santé. Un poste qu’elle va occuper de 1974 à 1979. Elle y donne sa pleine mesure et s’illustre, en particulier, dans le débat sur l’interruption volontaire de grossesse. Ce débat sur l’avortement qui s’ouvre en novembre 1974 est particulièrement passionné. Il s’achève sur un vote positif grâce à l’appui des 178 voix de la gauche à l’Assemblée nationale. Mais l’action de Simone Veil ne s’arrête pas là. C’est un ministre soucieux de réformes qui se révèle aux Français. Sa cote de popularité ne cesse de monter dans les sondages. Elle devient progressivement la personnalité politique la plus populaire de France.

En 1979, Valéry Giscard d’Estaing l’appelle à conduire la liste de l’U.D.F. aux élections européennes. Simone Veil — dont la liste Union pour la France en Europe recueille 27,60 p. 100 des voix contre 16,31 p. 100 à la liste R.P.R. — devient ainsi, peu après, la première présidente du Parlement européen (1979-1982). Toujours en tête dans les sondages de popularité, elle se tient à l’écart du débat politique français. Après l’élection de François Mitterrand en 1981 elle se cantonne dans une opposition modérée et poursuit son travail de parlementaire à Strasbourg (présidente de la commission juridique, 1982-1984). Elle s’oppose en 1983 à l’alliance entre la liste de l’opposition et celle du Front national dans l’élection municipale de Dreux. En 1984 Simone Veil, avec Jacques Chirac, impose à l’opposition une liste unique pour les élections européennes. Une polémique s’installe à propos de la présence sur sa liste de Robert Hersant. Sa campagne se durcit et sa liste obtient, le 17 juin 1984, plus de 43 p. 100 des voix. De 1984 à 1989, elle préside, au sein de l’Assemblée européenne, le groupe Libéral, démocratique et réformateur. Elle revient au gouvernement en 1993 à la faveur de la seconde cohabitation en tant que ministre des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville, avec rang de ministre d’État. Elle y affichera un soutien déterminé à Édouard Balladur.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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  • Veil — (v[=a]l), n. [OE. veile, OF. veile, F. voile, L. velum a sail, covering, curtain, veil, probably fr. vehere to bear, carry, and thus originally, that which bears the ship on. See {Vehicle}, and cf. {Reveal}.] [Written also {vail}.] [1913 Webster] …   The Collaborative International Dictionary of English

  • veil — [vāl] n. [ME veile, veil, sail, curtain < NormFr < L vela, neut. pl., taken as fem., of velum, sail, cloth, curtain < IE base * weg , to weave, attach, a textile > OIr figim, I weave, OE wecca, wick] 1. a piece of light fabric, as of… …   English World dictionary

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  • veil — I noun camouflage, cloak, cloud, concealment, cover, covering, curtain, guise, involucrum, integumentum, mantle, mask, pall, protection, screen, shade, shelter, shield, shroud, visor, vizard associated concepts: pierce the corporate veil II in …   Law dictionary

  • veil — [n] disguise blind, cloak, coloring, cover, curtain, facade, false front, film, front, guise, mantilla, mask, screen, shade, shroud, veiling; concepts 451,673 veil [v] hide beard*, blanket, camouflage, cloak, conceal, cover, cover up, curtain*,… …   New thesaurus

  • veil — of appearance …   Philosophy dictionary

  • Veil —   [vɛj], Simone Annie, französische Politikerin, * Nizza 13. 7. 1927; Juristin; 1944 45 in den KZ Auschwitz und Bergen Belsen inhaftiert; ab 1957 im Justizministerium tätig, 1970 74 als erste Frau Generalsekretärin des Conseil Supérieur de la… …   Universal-Lexikon


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